Lozay: présentation de la commune

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L'origine de la dénomination Lozay proviendrait de l'anthroponyme gallo-romain Losius et du suffixe toponymique -acum. Losiacum apparaît dans la charte 68 du Cartulaire de Saint-Jean-d’Angély, en 966. D'après la légende locale, Lozay serait situé sur une "ville engloutie". L'idée est consolidée par le résultat des fouilles archéologiques réalisées lors de la construction de l’autoroute A10. Pendant les travaux effectués du nord au sud de la Charente-Maritime, peu de découvertes antiques ont été mises au jour. Pourtant, à Lozay, deux sarcophages isolés datant du 5e siècle ont été découverts à l’est de Puy-Bardon, le 18 février 1980. À l’intérieur des deux sarcophages de pierre se trouvaient des cercueils de plomb. Ces cercueils renfermaient les corps de deux femmes, l’une âgée de plus de 60 ans, l’autre entre 15 et 17 ans. De plus, les tombes renfermaient des vestiges de céramiques, de verres et de textiles. Ces derniers, bien que sobres dans leur décor, témoignent de la richesse des défuntes. Les tombes devaient être situées à proximité d’une somptueuse villa, peut-être à l’emplacement même de Lozay. Actuellement, le deuxième sarcophage, celui de la jeune fille, est placé dans l’allée menant à l’église Saint-Pierre de Lozay.

Jusqu’au début du Moyen Âge, la commune est essentiellement boisée. La forêt d’Essouverts, au sud, fournit le bois de chauffage à l’ensemble de la population ; un droit d’affouage s’est perpétué jusqu’en 1970 pour les familles anciennes du hameau de la Fête. La commune dispose de nombreuses terres agricoles produisant toutes sortes de grains, de nombreux prés et des terres viticoles. Les moines de l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers obtiennent des parcelles par le biais de dons de la part des habitants. Vers 936-954, Ariland et son épouse Guiburg cèdent leur manse qui se trouve en la villa de Siniacus, peut-être l’actuel Chénier. Les moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély s’établissent à Lozay en 1060 grâce à la donation de terres d’une châtelaine. Les moines, qui restent à Lozay jusqu’au 18e siècle, installent un prieuré juxtaposé à l’église qui, après leur départ, est loué puis vendu comme bien national à la Révolution.

Deux moulins à eau et un moulin à vent sont représentés sur la carte de Cassini de la seconde moitié du 18e siècle. Il semblerait qu'à cette même époque le prieuré de Blouc et le prieuré de Lozay ne soient déjà plus en fonction. En 1790, le bourg de Lozay devient le chef-lieu d’un canton de dix communes. Cependant, dès l’année suivante lors de la première assemblée primaire, neuf communes demandent un chef-lieu plus central, et Loulay est choisi.

En 1839, plus de la moitié du territoire communal est classée en terres labourables, près de 20 % en prés, le reste se partageant à égale proportion en vignes et en bois (plus de 10 %), puis en jardins et bâtis (2,5 %). La commune comptabilise 525 habitants - contre 1040 en 1698 - et huit villages sur une superficie de près de 12 000 hectares. Trois moulins à vent sont répartis au nord-est du bourg le long du chemin de l’actuelle D107. Trois autres moulins à eau se situent sur le cours d’eau le Bief, affluent de la Trézence. Le moulin à eau situé rue de la Source à Blouc cesse de fonctionner au début du 19e siècle. Celui situé sur la parcelle 146 de la section B2 est démoli en 1872. Grâce aux matrices cadastrales, on sait que le moulin à eau situé à la sortie nord de Lozay est converti en bâtiment rural en 1857 puis en maison en 1861. Le moulin à vent, situé sur la parcelle 27 de la section B1, est démoli en 1881 ; il est probable que les deux autres ont disparu avant.

Les matrices cadastrales de 1881 mentionnent 172 maisons sur la commune, dont 3 de classe 1, 2 de classe 2 et 20 de classe 3. Les autres appartiennent aux classes 4, 5 et 6. En 1999, plus que 73 maisons individuelles et fermes sont comptabilisées par l'INSEE sur la commune.

L'habitation qui semble la plus ancienne se situe à Blouc, route de l'Aunis, et date vraisemblablement de la fin du 17e siècle. Peu d'éléments permettent de dater les constructions édifiées avant le 19e siècle, les encadrements des ouvertures ayant souvent été refaits ultérieurement. De rares maisons antérieures à 1839 sont encore visibles sur le territoire ; celle située 3 rue du Château d'eau porte cette date.

Le nombre d'habitants de Lozay ne cesse de décroître au fil des ans depuis le début du 19e siècle. Actuellement, la commune, toujours très rurale et agricole, comptabilise 138 habitants selon le dernier recensement de la population. L'occupation des sols aujourd'hui est semblable à celle de 1839 avec plus de 80 % de territoires agricoles, sans prendre en compte la répartition des différentes cultures, et 12 % de forêts.

La commune de Lozay, d’une superficie de 12 kilomètres carrés, se situe dans la Saintonge au nord-est de la Charente-Maritime en Nouvelle-Aquitaine. Elle relève du canton de Saint-Jean d’Angély, ville située à une dizaine de kilomètres. Sa situation géographique est assez favorable de par sa proximité avec ce chef-lieu d'arrondissement et l'autoroute A10, axe principal de transit entre Paris et Bordeaux.

Limitrophe avec les communes de Courant à l’ouest et Loulay à l’est, la commune compte cinq hameaux et lieux-dits nommés : la Pouillère, Blouc, Basses rues, Puy-Bardon, la Fête et Tartifume. Les habitants s’appellent les Lozéennes et Lozéens.

Lozay est traversée par la route départementale 21, qui relie Saint-Jean-d’Angély à Tonnay-Boutonne et par la route départementale 107 entre Courant et Loulay. Elle est desservie et traversée par l'autoroute A10, qui la place à environ 1 heure 20 de l’agglomération de Poitiers. Une aire se situe d'ailleurs sur la commune. Territoire à dominante rurale, où l’agriculture est très présente, la commune est divisée en deux entités paysagères : les plaines de champs ouverts et les vallons, inclinés vers l’ouest en direction du littoral atlantique et d’une altitude entre 50 et 100 mètres. La présence de trois moulins à vent sur le plan cadastral de 1839 témoigne de l’exploitation qui était faite de cet environnement où prédominait la culture du blé. Les hauteurs des vallons proposent aujourd’hui de larges panoramas sur la commune.

Le plateau saintongeais recouvert principalement de champs céréaliers est aussi pourvu de bois au sud-est de la commune. Il s’agit d’une partie de l’ancienne forêt d’Essouvert. La vue dégagée par l’immensité des plaines agricoles est rythmée par les éléments de grandes envergures comme le clocher de l’église, le château d’eau ou bien encore par les éoliennes qui encerclent la commune. Le ruisseau le Bief, qui prend sa source dans le bourg de Lozay, se dirige ensuite vers le nord en traversant les hameaux de Basses rues et de Blouc avant de se jeter dans la Trézence. Il actionnait trois moulins à eau en 1839. La commune comptabilise encore de nos jours quatre lavoirs situés à la Fête, Puy-Bardon, Basses rues et Blouc.

Les bâtiments construits sur le territoire sont principalement des fermes dont l'activité première était la viticulture ; un grand nombre est désormais réaffecté en habitations. Par ailleurs, la commune compte quelques maisons cossues. Les bâtisses sont principalement réalisées en moellons, matériau local traditionnellement utilisé dans les constructions de la région. On note l’absence de chaînages d’angle en pierre de taille pour la majorité des bâtiments. Cependant, la pierre de taille est pratiquement toujours utilisée pour l’encadrement des ouvertures.

Les constructions présentent généralement des volumes simples, une similitude d'ordonnancement des façades. Les bâtis dans les hameaux sont juxtaposés les uns aux autres et souvent alignés, au sud, sur des passages ou des cours appelés quéreux. Les cours sont fermées par des murs de clôture surmontés de grilles métalliques, des piliers de portails, etc. Les modules d'habitation du début du 19e siècle évoluent en grandes maisons au fil des années. Deux charpentes, l'une au-dessus d'un passage couvert, l'autre soutenant la toiture d'une étable, présente la particularité d'avoir un entrait cintré en arc segmentaire au-dessus d'une porte à double vantaux.

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